Des tonnes de cannabis sont cultivées chaque année dans les hautes terres reculées du nord de la région d’Analabe à Madagascar et dans d’autres localités du pays. Cependant, même si la légalisation devient rapidement une réalité ailleurs, elle reste strictement illégale à Madagascar. Les régions productrices de cannabis abritent des groupes armés de trafiquants et sa production reste une cause majeure de déforestation dans les forêts du nord de Madagascar, riches en biodiversité.

Par notre correspondant Tsirisoa Rakotondravoavy

 Marché méconnu par le citoyen lambda, le cannabis fait l’objet de trafics réguliers à l’intérieur du pays, comme avec les îles voisines de l’océan Indien.
La commune rurale d’Antsahabe, dans le nord, est une région fertile pour l’agriculture. Des cultures de rente telles que le cacao, le café et la vanille, font la renommée des producteurs locaux. Pourtant, le cannabis est également une source majeure de revenus pour les communautés de la région.
Bien que Madagascar soit un producteur de cannabis à grande échelle, avec des niveaux élevés de consommation locale, sa culture, vente et consommation y sont strictement illégales. La situation persiste alors même que la légalisation à des fins médicinales et récréatives devient rapidement une réalité en Afrique orientale et australe. “Sur le plan économique, le cannabis pourrait être une source de revenus très rentable pour les collectivitéas locales. Le risque réside dans la gestion au niveau de la santé publique et de la consommation locale”, a déclaré un maire élu dans la zone d’Analabe, sous couvert d’anonymat. Actuellement, sa mairie ne tire aucun bénéfice du marché du cannabis qui est estimé à au moins 200 tonnes par an dans la zone.
La région montagneuse d’Analabe, qui fait partie du district d’Ambanja, est l’une des principales régions de culture du cannabis à Madagascar. Pourtant, le souhait de certains habitants de la région de transformer la culture en un marché légal rentable et régulé se heurte à des défis : résistance politique à sa légalisation, impact environnemental et insécurité dans les zones reculées de production…

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