« Nous avons deux investissements en cours en Afrique, un au Mozambique et un à Madagascar. Avec nos partenaires IDH, l’Initiative pour le commerce durable aux Pays-Bas, Msingi, la Fondation Gatsby et quelques autres, nous lançons un fonds d’aquaculture spécifiquement axé sur l’Afrique”, a déclaré Mike Velings, fondateur d’Aqua-Spark.

Photo : Aqua-Spark

Indian Ocean Trepang est une entreprise d’élevage d’holothuries à Madagascar, qui permet aux populations locales de fonctionner comme des petits exploitants, en collaboration avec des ONG locales.

L’annonce de Mike Velings fait suite à une déclaration de Manuel Barange, directeur de la politique de la pêche et de l’aquaculture à la FAO, qui notait lors du Sommet Mondial de l’Océan en juin 2020 que “l’Afrique risque d’être laissée pour compte en termes de disponibilité de poissons et de produits de la mer pour sa population croissante ».
En réponse, Mike Velings a signalé qu’Aqua-Spark, aux côtés d’un éventail de partenaires dont le fonds d’investissement Hatch, cherchait précisément à résoudre ce problème. Hatch fait partie du portefeuille d’investissements d’Aqua-Spark.
La majorité des produits de l’aquaculture est fournie par la Chine, à 60%, et à 85% par l’Asie en général. L’Afrique ne fournit que 2,5% de la production aquacole mondiale et sera le seul continent dont, d’après la FAO, la consommation de poisson par habitant diminuera d’ici 2030. En effet le contexte africain est très défavorable :
“L’Afrique est encore en situation de sous-alimentation, le continent n’a pas assez de financement, et ne produit pas assez d’alevins. En outre, l’Afrique ne présente pas de bons contrôles de la biosécurité ni de lutte contre les maladies. Il y est nécessaire d’y créer un environnement favorable en termes de politique et de réglementation, d’accès à la terre, d’accès à l’eau, de mesures d’incitations. Tous ces éléments, si vous les regardez individuellement, ont un grand potentiel pour développer l’aquaculture en Afrique, mais nous devrons commencer très rapidement, et tout de suite. Nous ne pouvons plus retarder cela”, a rajouté Manuel Barange.

De réelles opportunités d’investissements ?

Pour Mike Velings : “Nous avons construit ce montage pour nous assurer que nous avons de bonnes chances d’empêcher la production et la consommation de baisser, et c’est aussi une excellente opportunité d’investissement”.
Pour rappel, Aqua Spark a investi dans deux sociétés du secteur à Madagascar. Le premier était en 2016, à hauteur de 2,75 millions de dollars avec Indian Ocean Trepang (OIT)*, qui cultive des concombres de mer. Le second investissement, à 2,5 millions de dollars dans la même année, était avec l’américain LoveTheWild, producteur de produits de l’océan installé à Madagascar et orienté vers la maîtrise de la chaîne durable, de la production à la commercialisation.
Aqua Spark est également présent au Mozambique avec Chicoa Fish Farms où ce dernier a levé 1,5 million de dollars en 2015 dans l’aquaculture de tilapias.
Contacté par nos soins, Olivier Avalle, expert du secteur qui a notamment développé OIT à Tulear (Madagascar), reste néanmoins sceptique sur le développement de cette filière : ” je reste assez pessimiste sur les possibilités de développement à Madagascar et en Afrique en général, entre épidémies, corruptions, guerres, instabilités chroniques, etc…. C’est dommage car de nombreux pays ont le potentiel”.

*Indian Ocean Trepang (concombre de mer ou holothurie) est une exploitation industrielle d’holothuries, née en 2012 grâce à un procédé d’élevage unique au monde et développée in situ.

 

 

par Tsirisoa R. & J.Rombi