Pourquoi le journal des archipels, ce nouveau magazine business de l’océan Indien ?

Et pourquoi des archipels alors qu’il est plus courant de parler des “îles de l’océan Indien” ?
Pourtant, en passant une loupe sur la carte régionale ce sont des centaines d’îles qui apparaissent dans cette Indianocéanie
telle que définie par la Commission de l’Océan Indien.

Des archipels qui, des îles de Pemba aux îles de Rodrigues, en passant par l’archipel comorien ou les Nosy Mitsio, sont censés regrouper des populations au passé commun mais aux présents très différents.

Ces peuples aux origines “aussi diverses que toutes les côtes qui bordent le Grand océan Indien” aux dires de l’anthropologue Paul Ottino, se connaissent mal.

Malgré une histoire maritime commune et d’intenses échanges commerciaux qui ont duré près de trois siècles avant de s’éteindre au milieu du XXème siècle, les peuples de nos îles du sud ouest de l’océan Indien ne se connaissent plus.  Toutefois, si la valeur et le volume des échanges commerciaux inter îles ne cessent de se dégrader (restant en deçà de 3% des échanges globaux), des initiatives culturelles, sportives ou ludiques de plus en plus fréquentes prouvent bien qu’il existe un réel besoin de rencontre et de redécouverte de ces cousins si proches et si méconnus.

Aussi, l’émergence d’un média fédérateur, prônant l’identité régionale, et promu par une interactivité nouvelle, a toute sa place aujourd’hui.

 Ecologie et développement durable, respect de l’environnement et développement social, économie circulaire… Autant d’expressions à la mode qui génèrent souvent plus de green washing que de réelles actions liées à l’économie circulaire.

Pourtant dans la région, les économies d’échelle liées à une mutualisation des infrastructures, des stocks de déchets et des productions de matières premières ainsi que le transfert des savoir-faire, l’élaboration de process issus de l’intelligence collective des populations, sont aujourd’hui les clefs d’une Indianocéanie qui serait composée demain à la fois d’îles interdépendantes entre elles en même temps qu’autonomes vis à vis des grands courants commerciaux traditionnels. En bref l’inverse de la situation actuelle !

Jacques Rombi