Le conglomérat japonais Sumitomo Corporation faisait partie des instigateurs du projet d’exploitation de nickel et cobalt dans l’Est de la Grande Ile, inauguré en 2007 par le président malgache Ravalomanana. Majoritaire, le conglomérat a annoncé le 1er mai dernier la cession de l’intégralité de sa participation de 54,2 %.

A l’époque, cet ambitieux projet a représenté le plus gros investissement jamais réalisé dans le pays avec plus de 8 milliards US$.
Il faut dire qu’Ambatovy est réparti sur deux sites bien distincts : à Moramanga, où se situe le site d’extraction des minerais, et à Tamatave où se situe l’usine de transformation à proximité des quais du port pour l’exportation. Les deux sites sont reliés par un immense pipeline de 220 kilomètres, qui amène les eaux boueuses riches en minerais, par gravitation, sur le site de Tamatave.

Le pipeline sépare la forêt en deux !

De lourdes infrastructures, qui avaient effrayé les milieux écologistes à l’époque, mais que les services de communication du consortium avaient rapidement étouffé en annonçant de beaux projets au profit de la protection des forêts endémiques et des populations riveraines.
N’empêche que le pipeline constitue une saignée importante qui sépare la forêt en deux !
Dans le détail, d’après l’agence Ecofin, l’opération prévoit le rachat des actions par Ambatovy Mineral Resources Investment Holding (AMRI), présenté comme un consortium d’investissement piloté par Essenwood Partners Limited et Zungu Investments. Le montant de la transaction n’a pas été communiqué, mais sa finalisation est attendue d’ici la fin de l’exercice financier de Sumitomo, soit fin mars 2027. À terme, AMRI devrait devenir actionnaire majoritaire d’Ambatovy en reprenant les 54,17 % détenus par Sumitomo, tandis que le reste des parts serait conservé par la compagnie publique sud-coréenne KOMIR.

Illustration (DR) : Usine Ambatovy à tamatave
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