Pascal Plante est le président de La Réunion Développement, élu au Conseil régional de La Réunion et délégué à linternationalisation des entreprises depuis juillet 2021. Il nous détaille les actions et les ambitions de la structure régionale dédiée au développement et à la promotion économique du territoire réunionnais à l’international et dans la zone de l’océan Indien notamment.

Le journal des Archipels : Laccompagnement des entreprises fait partie intégrante de votre parcours professionnel, pouvez-vous nous le résumer ?
Pascal Plante : En effet, j’ai une trentaine d’années d’activités professionnelles en tant que chef d’entreprise. J’ai débuté ma carrière dans le groupe pétrolier Exxon Mobil, j’ai fait du négoce, de l’import-export, de la restauration…
Je dirige depuis 19 ans le cabinet Stratégies Consultants spécialisé dans la formation et le conseil RH. Nous accompagnons les entreprises mais aussi les demandeurs d’emploi que nous aidons à mieux se muscler face au marché de l’emploi qui n’est pas toujours simple.
L’année dernière, nous avons accompagné près de 3 000 personnes à La Réunion sur la création d’entreprise.
J’ai aussi été très tôt engagé dans les actions syndicales patronales, et notamment président du syndicat des exploitants de stations-service pendant une dizaine d’années.
En parallèle, je suis administrateur de la CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises) et élu à la Chambre de commerce et d’industrie depuis 23 ans.
En 2023, la présidente Huguette Bello m’a demandé de reprendre la présidence de La Réunion Développement, qui s’appelait à l’époque Nexa.

 JDA : Pourquoi avoir changé de nom ?
PP : Pour illustrer le changement de cap dans la méthode choisie pour la structure. Ses missions étaient assez floues, pour le monde économique notamment. Avec «La Réunion Développement , on part de la marque territoriale «La Réunion» construite par la Région et co-construite par l’ensemble des acteurs du territoire. En termes de structures, deux satellites portent aujourdhui le nom de la marque : La Réunion Innovation et La Réunion Développement.
Nos actions sont déclinées à partir de cette marque territoriale : c’est par exemple La Réunion in Games, éductour dédié à la filière des jeux vidéo, la Réunion Invest, pour l’accueil d’investisseurs internationaux, La Réunion à l’écran, ex éductour sur le cinéma… C’est plus lisible.
Nous avons aussi choisi de réduire les missions autour de trois grands pôles.

JDA : Quels sont ces trois grands pôles ?
PP : Le premier, c’est l’observatoire économique qui devient une cellule de veille et d’intelligence économique. Nous nous préparons à être tout le temps dans l’action par rapport aux besoins.
On s’appuie beaucoup sur l’expertise des syndicats professionnels comme la CPME ou le Medef notamment.
La deuxième grande mission, c’est l’accompagnement des projets structurants et stratégiques du territoire. Et notamment ceux qu’on retrouve dans le nouveau schéma régional de développement économique d’internationalisation et d’innovation (SRDEII) «nouvelle économie», de la Région.
Et la troisième, qui est une nouvelle mission affirmée aujourd’hui à la Région, c’est être l’agence d’internationalisation des entreprises de La Réunion. Comme récemment avec le studio vidéo Blue Ramen vainqueur de l’European Game Night  à la Gamescom 2025 ou encore l’accompagnement d’une délégation au salon de l’environnement et de l’énergie Pollutec 2025.

 «Faire en sorte que la coopération économique se développe »

 JDA : Justement, quelles sont vos ambitions régionales en terme de coopération économique ?
PP : Petit retour en arrière : en 2005, nous avons créé avec un collègue de Tananarive et de Maurice la structure pour cela qui rassemble toutes les chambres de commerce des îles du sud-ouest de locéan Indien (La Réunion, Maurice, Madagascar, Mayotte, Comores et Seychelles). Baptisée UCCIOI, l’Union des chambres de commerce des îles de l’océan Indien, elle est devenue le bras armé économique de la COI, la Commission de l’océan Indien ; j’en ai été le président de 2006 à 2008.
Puis j’ai repris la présidence de 2018 à 2021 et j’en ai changé le nom ; c’est devenu CAP Business océan Indien.
Ce qui nous est demandé aujourd’hui, et ce qu’on propose également, c’est de créer à côté de cela ou avec Cap Business, une union des agences de développement économique de la zone regroupant La Réunion Développement, l’Economic Development Board of Mauritius (EDBM), l’Economic Development Board of Madagascar (EDBM), l’Agence de Développement et d’Innovation de Mayotte (ADIM), l’Agence nationale pour la promotion des investissements Comores (ANPI), Seychelles Investment Board (SIB).
Avec ces agences de développement, qui sont le bras armé des décideurs politiques, et les décideurs économiques, nous souhaitons nous regrouper et faire en sorte que la coopération économique se développe.
Nous sommes en train de travailler à un schéma qui permettra de rassembler nos efforts sur un certain nombre de points, notamment la veille économique sur la zone océan Indien et sur des axes stratégiques qu’on va pouvoir définir ensemble. Allier nos efforts pour que nos entreprises soient plus fortes pour faire la conquête d’autres marchés, c’est notre ambition et un axe qui est en train de se mettre en place aujourd’hui.

 Propos recueillis par Isabelle Froger