Enfin ! Alors que nos îles souffrent depuis des décennies d’une absence de caboteurs à la fois adaptés aux demandes et aux infrastructures des ports secondaires de la région, le projet porté par la famille de Théophane Narayanin à travers la société Hold Invest semble tenir la route maritime et a reçu récemment le soutien de la Région Réunion.
Ce n’est pas la première fois qu’un projet de ce type est annoncé, en vain. Nous avons rencontré les porteurs de projets pour jauger tous ses paramètres que nous vous livrons en exclusivité.

Illustration (Mer&Design) : La construction de navires type LCT (Landing Craft Tank) doit passer par une étape de caractérisation des flux à transporter entre les différents partenaires économiques des différentes îles au sein de la COI. Notons la porte d’étrave à l’avant qui permettra le débarquement de marchandises et de véhicules dans les petits ports de la région, voire de «beacher» sur les côtes au tirant d’eau suffisant.

Par Jacques Rombi

 

Tout est parti d’un constat pour cet exploitant historique de carrières à Mayotte et La Réunion : la carence en agrégats, matériau indispensable à la construction (et aujourd’hui la reconstruction de Mayotte !). Le scandale (qui ne dit pas son nom) de la NRL (Nouvelle Route du Littoral) à La Réunion, ce chantier pharaonique engagé alors que l’île ne pouvait fournir suffisamment d’agrégats et de roches pour être finalisé, suffit à lui seul à résumer la situation ubuesque de nos petites îles coincées entre contraintes administratives et impératifs écologiques.

Cela, alors que les échanges régionaux inter-îles ne cessent de baisser en valeur relative comme nous ne cessons pas de le souligner dans le Journal des Archipels. En 2024, ils représentaient moins de 5 % des échanges globaux. Pourtant la position de l’Indianocéanie est de plus en plus stratégique (lire le compte rendu du colloque de l’IRIS dans ce numéro).
Enfin les récentes actualités (crise Covid, cyclones violents, guerres et nouvelles routes maritimes…) ont bien démontré combien nos îles souffraient d’un manque de résilience et d’autonomie à tous les niveaux.
Toutes ces contraintes, les lecteurs du JDA les connaissent bien. Aussi nous avons interrogé Louis Frédéric Baert, chef de projet pour la création d’une compagnie maritime desservant la région de l’océan Indien pour le compte de la société IBS Holding.

Pour cet ancien officier de la marine marchande, il devient urgent de repenser nos modèles d’échange pour ne plus dépendre exclusivement des grandes lignes maritimes internationales.

«Le besoin le plus immédiat, c’est de pouvoir faire circuler des produits de première nécessité, des aliments, des équipements, des matériaux pour la santé ou l’éducation. Tout ce qui fait qu’un territoire peut continuer à se développer dignement.
Madagascar, le Mozambique ou le Kenya disposent de ressources en matières premières, mais aussi de produits agricoles ou manufacturés. Ils peuvent être des partenaires naturels.
Les freins réglementaires à ces échanges s’estompent progressivement, ce qui rend possible une logique de circuit court à l’échelle régionale, plus rationnelle économiquement et plus vertueuse écologiquement»….

Lire l’article complet sur notre édition 23 du Journal des Archipels

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