Du 17 au 20 juin, une conférence organisée par la Commission de l’océan Indien (COI) s’est tenue à l’hôtel Hennessy Park : le SWIOCOF-14a, soit le 14ème Forum de prévisions saisonnières pour le Sud-Ouest de l’océan Indien. Cette conférence réunissait des experts du climat et de la météo, ainsi que des représentants de secteurs clés exposés aux aléas climatiques. L’objectif de ce forum : échanger pour coconstruire des outils d’aide à la décision et renforcer la résilience climatique des pays du Sud-Ouest de l’océan Indien. Face aux aléas climatiques, il ne suffit pas de disposer de données météorologiques : encore faut-il qu’elles soient suffisamment précises et accessibles aux secteurs vulnérables pour permettre des décisions rapides et adaptées. Cette année, pour la première fois, le forum se fera en deux parties, le SWIOCOF-14b étant prévu pour septembre prochain.

PHOTO (DR)  : Le SWIOCOF-14a a été consacré à la vérification des prévisions de la saison cyclonique passée et à l’évaluation des utilisations de ces prévisions, cela collaboration avec des représentants des services météorologiques des États membres de la COI, ainsi que ceux d’Afrique du Sud, du Malawi, du Mozambique et de Tanzanie

 

Le SWIOCOF, Forum de prévisions saisonnières pour le Sud-Ouest de l’océan Indien, est organisé par la Commission de l’océan Indien (COI). La Commission s’appuie sur des partenaires techniques comme la Direction interrégionale de Météo-France pour l’océan Indien (DIROI), basée à La Réunion, ainsi que l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Aujourd’hui, le forum est organisé dans le cadre de son projet HYDROMET. Financé par l’Agence française de développement (AFD), le Fonds vert pour le Climat (GCF) et l’Union européenne, HYDROMET vise à améliorer la production et l’utilisation de services climatiques par les communautés et secteurs prioritaires comme la gestion des risques de catastrophe, l’agriculture et la sécurité alimentaire, la pêche, la gestion des ressources en eau, la santé et le tourisme.

“Les pays de la région du Sud–Ouest de l’océan Indien font face à des épisodes climatiques extrêmes dont la fréquence, l’ampleur et les impacts augmentent au fil du temps. Les cyclones, les précipitations qui provoquent des inondations ou des glissements de terrains ainsi que les épisodes de sécheresse touchent aussi bien les îles que les pays de l’Afrique australe exposés aux cyclones. Sur l’ensemble de ces pays, au nom de la solidarité qui nous unit, il est du devoir de la COI de conduire des actions de coopération pour faire face à ces enjeux. Il nous faut accélérer la fourniture d’alertes précoces en vue d’améliorer nos capacités d’adaptation et de résilience”, explique Ginna Bonne, chargée de mission Environnement et Climat de la COI.

PHOTO (DR) : Dr André Kamga Foamouhoue, coordinateur du projet HYDROMET de la Commission de la COI qui organise le Forum de prévisions saisonnières pour le Sud-Ouest de l’océan Indien (SWIOCOF).

“Comme cela se fait depuis des décennies pour le secteur de l’aviation.”

Le coordinateur régional du programme HYDROMET et cheville ouvrière du SWIOCOF est Dr André Kamga Foamouhoue. Il ajoute : “Un des résultats attendus de ce SWIOCOF, c’est que l’ensemble des bénéficiaires des Comores, de Madagascar, de Maurice et des Seychelles puissent disposer et soient en mesure d’exploiter, dans les meilleurs délais, un ensemble de produits climatiques et météorologiques comme cela se fait depuis des décennies pour le secteur de l’aviation. C’est-à-dire avec des éléments précis sur les aléas attendus, comprenant des indications sur la date et le lieu de leurs occurrences, des informations sur leurs impacts potentiels sur les personnes et les activités.”

Ce premier forum a été consacré à la vérification des prévisions de la saison cyclonique passée et à l’évaluation des utilisations de ces prévisions. Cette démarche s’est faite en collaboration avec des représentants des services météorologiques des États membres de la COI, ainsi que ceux d’Afrique du Sud, du Malawi, du Mozambique et de Tanzanie. Les “producteurs” de données météorologiques et les “usagers professionnels” ont ainsi pu échanger sur plusieurs jours. Ils se reverront en septembre, de nouveau à Maurice, pour continuer ce travail, à l’heure où la vulnérabilité de nos îles n’est plus à prouver avec les passages marquants des cyclones Garance ou Chido, ou les périodes de sécheresse importantes durant les derniers mois.