A l’heure où la (sempiternelle) question de faire de Madagascar le fameux «grenier de l’océan Indien», du côté malgache il est question d’abord de nourrir plus et mieux la population… L’intégralité de cet article est à lire dans notre dossier «Agriculture, un équilibre à cultiver» à lire sur notre édition du magazine JDA 23.

Pour Andry Raveloson, technicien agricole et accompagnateur de plusieurs coopératives de la région Vakinankaratra, il est temps de moderniser les pratiques pour nourrir les 30 millions de Malgaches et exporter plus. “Le savoir traditionnel des agriculteurs est précieux. Il repose sur une connaissance fine des sols, des saisons, des cycles naturels et des cultures locales. Cependant, ce savoir ancestral ne suffit plus face aux nouveaux défis : réchauffement climatique, épuisement des sols, multiplication des parasites, instabilité des marchés agricoles”, soutient-il avant de noter que pour relever les nouveaux challenges, les agriculteurs doivent pouvoir intégrer des pratiques modernes et résilientes, issues de la recherche agronomique, de l’agroécologie ou des technologies numériques. Rojosoa, productrice de pommes de terre et bénéficiaire de l’accompagnement, avance que la majorité des agriculteurs souhaitent moderniser leur pratique. “Mais le transfert de savoir-faire moderne ne doit pas consister à remplacer brutalement les méthodes traditionnelles. Il faut les compléter et les enrichir”, prévient-elle cependant.

Il faut savoir s’adapter aux réalités locales.

La Chambre de l’Agriculture de Madagascar (Tranoben’ny Tantsaha Mpamokatra) reconnaît en effet que de nombreux programmes n’ont pas abouti car les petits agriculteurs n’ont pas été appuyés comme il se devait. “Accompagner les agriculteurs dans l’apprentissage de techniques plus efficaces et plus durables n’est pas une tâche facile. Il faut savoir s’adapter aux réalités locales pour chacune des techniques à améliorer, de l’agriculture de conservation (labour minimum, rotation des cultures, couverture végétale) à l’utilisation de semences améliorées résistantes à la sécheresse, en passant par la gestion intégrée de la fertilité des sols ou encore les nouveaux systèmes d’irrigation. Et la CAM de faire remarquer que la mission est encore plus ardue quand il s’agit d’implémenter l’usage des applications mobiles pour le suivi des cultures, la météo ou les prix des marchés.

“Le rôle des organisations agricoles, des ONG, des instituts de recherche, des responsables publics locaux du secteur privé est fondamental. Les projets de formation, les démonstrations sur le terrain, les fermes-écoles, ou encore les programmes de vulgarisation participative permettent d’adapter les innovations aux contextes locaux”, soutient aussi la Chambre avant de souligner que le transfert de savoir-faire n’est pas une opération descendante. “Pour être efficace, il doit être participatif, c’est-à-dire impliquer activement les agriculteurs dans l’apprentissage et l’adaptation des techniques. Les paysans doivent comprendre, tester, évaluer, puis adopter les innovations en fonction de leurs besoins, de leurs ressources et de leur environnement”.