Invitée par la Sustainable Tuna Association pour leur conférence ayant pour sujet les effets du changements climatiques le 13 février, la ministre déléguée Joanna Bérenger en a profité pour mettre les pieds dans le plat en évoquant, avec le secteur du thon mauricien, l’épineuse question de l’utilisation des DCP. Les dispositifs de concentration de poissons sont une des causes de la surpêche du thon dans l’océan Indien et occasionnent des impacts néfastes sur l’environnement, a-t-elle déclaré, comme le rappelle régulièrement le Journal des Archipels. Extraits du discours de la ministre adjointe de l’Environnement, de la Gestion des déchets solides et du Changement climatique :
PHOTO (Alexandre Karghoo) : « Les dispositifs de concentration de poissons, encouragent non seulement la surpêche, mais posent également un autre problème environnemental : 40% de ces dispositifs de concentration de poissons ne sont jamais récupérés », a déclaré Joanna Bérenger.
« Malheureusement, le dérèglement climatique s’amplifie à un rythme alarmant avec des conséquences dévastatrices sur les océans du monde. La hausse des températures, l’acidification des océans et les changements dans la circulation océanique sont quelques effets du dérèglement climatique qui impactent de plein fouet le secteur de la pêche. La durabilité de ce secteur est un sujet d’importance capital aujourd’hui. C’est pourquoi je salue les initiatives prises par différentes entreprises locales pour réduire leur empreinte carbone. Ces efforts de mitigation sont importants pour atténuer l’impact de nos activités économiques sur l’écosystème marin.
Néanmoins, nous ne pouvons pas faire abstraction des autres menaces qui guettent l’industrie de la pêche. La surpêche des stocks de thon, encouragée par l’utilisation excessive et controversée des dispositifs de concentration de poissons (FADs en anglais ou DCP en français) ont également des effets dévastateurs. Les dispositifs de concentration de poissons, encouragent non seulement la surpêche, mais posent également un autre problème environnemental: 40% de ces dispositifs de concentration de poissons ne sont jamais récupérés. Ils finissent par s’échouer sur les littoraux, abîment les coraux, polluent nos eaux, et sont des dangers mortels pour des espèces non ciblées par la pêche au thon. On ne peut faire abstraction également du problème de la pêche illicite, qui, avec la surpêche, représente des facteurs aggravant du dérèglement climatique. Sur ce dernier point, nous espérons d’ailleurs pouvoir compter sur l’aide de nos pays amis, comme l’Inde, pour pouvoir mieux assurer la surveillance de notre Zone Économique Exclusive.
Il nous reste donc des conversations difficiles à avoir, notamment avec nos partenaires de l’Union européenne, et des décisions courageuses à prendre au niveau régional afin de relever pleinement les défis qui nous sont présentés. Les discussions au niveau de la CTOI se heurtent souvent à des divergences entre les Etats membres, notamment sur la répartition des quotas entre les Etats côtiers en développement et les nations industrialisées. Ces divergences d’opinions surviennent lorsque ces questions délicates sont abordées avec la vision de faire prévaloir les intérêts nationaux sur ceux du collectif, compromettant ainsi fortement la durabilité de l’industrie de la pêche.
La nature n’a que faire des notions de frontières ou de zone économique exclusive. Nous avons souvent tendance à oublier que nous partageons le même océan, la même planète, les mêmes ressources halieutiques et que nos actions ont des répercussions sur tout un écosystème. Tous nos efforts de conservation et de transition vers des modèles plus durables pour tous ne porteront leurs fruits que si nous adoptons une approche régionale concertée et solidaire. Atténuer les effets du dérèglement climatique exige de dépasser les intérêts individuels et de privilégier une vision commune et un engagement collectif. »




















