Le projet de centrale hydroélectrique de Sahofika est présenté comme la future référence en matière de charge de base verte dans le mix énergétique de Madagascar. Après un long moment de flottement, le projet Sahofika est de nouveau d’actualité.

Par Liva Rakotondrasata (Article paru sur notre édition JDA 23 de juillet-août 2025)
Photo (MEH) La rivière Onive va accueillir le barrage de Sahofika 

Sahofika devrait ramener la part de la production d’énergie thermique malgache à moins de 10 %, ce qui permettra de réduire les coûts de production de plus de 30 %. Pour rappel, au mois de novembre 2021, la société Nouvelle Energie Hydroélectrique de l’Onive (NEHO) a annoncé la signature du contrat de concession avec les autorités de la Grande Ile, représentées par le Ministère de l’Énergie et des Hydrocarbures (MEH), pour financer, concevoir, construire, exploiter et maintenir l’aménagement hydroélectrique de Sahofika, dans la partie est de l’île. Il y a eu dans la foulée la signature d’un contrat d’achat d’électricité avec la société nationale d’eau et d’électricité, la Jirama*. Les partenaires du projet présentés à cette occasion étaient Themis (gestion et développement de projet), Eiffage (Génie Civile) et Eranove (gestion de services publics et production d’électricité et d’eau ).

Mais après des négociations houleuses avec la partie publique, notamment sur le coût d’achat de l’électricité produite et la durée de la concession et de la part de l’Etat dans le capital, le projet de centrale hydroélectrique s’est trouvé dans une impasse. Ce qui a provoqué le départ du groupe français Eiffage du consortium. Finalement, un nouvel appel d’offres a été lancé au mois de septembre de l’année dernière. Plusieurs entreprises ont manifesté leur intérêt pour le marché de construction du barrage, dont le groupe chinois China National Electric Engineering Co (Cneec) et la Société Générale des Travaux du Maroc. A noter par ailleurs la décision de l’Etat, prise au mois de mars dernier, d’approuver le financement de la route d’accès au site.

Entre 700 millions et un milliard de dollars.

Selon un proche du dossier, le projet Sahofika est de nouveau sur les rails et le nom du constructeur devrait être connu dans les prochaines semaines. Notre interlocuteur ajoute que le coût de réalisation de cette infrastructure est estimé entre 700 millions et un milliard de dollars. Et malgré l’existence d’autres programmes à l’instar de Volobe, une centrale hydroélectrique de 120 MW à construire sur le fleuve Ivondro, Sahofika reste le plus grand projet énergétique du pays, l’ouvrage devant permettre d’alimenter 1,6 million de foyers.

L’objectif annoncé est de fournir une énergie de base d’origine renouvelable et bon marché au réseau interconnecté d’Antsirabe-Antananarivo de la Jirama avec une capacité installée de 192 MW. La future centrale devrait aussi réduire les émissions de gaz à effet de serre de 800000 tonnes par an. A rappeler également que depuis le mois de mai dernier, l’État malgache est actionnaire du consortium NEHO, aux côtés des développeurs Themis et Eranove, avec une participation de 49% à travers le Fonds Souverain Malagasy (FSM). “L’État malgache devient le troisième actionnaire du consortium. Cette nouvelle configuration capitalistique devrait faciliter l’accès à des prêts à des taux préférentiels, nécessaires pour financer ce projet d’envergure”, a-t-on fait savoir dans le communiqué annonçant l’officialisation de l’entrée du FSM dans la capitale de NEHO.

*Jiro sy Rano Malagasy, littéraalement “Electricité et eau de Madagascar ».