Il existe, au sud-ouest de Madagascar, non loin de la ville côtière de Morondava, un site unique où une partie de l’histoire maritime de notre région est restée figée. Cet endroit, Belo sur mer, est un joli village où les charpentiers de marine, les « fondy » comme il se dit à Madagascar, construisent à la main, selon des méthodes traditionnelles transmises par des marins réunionnais d’origine bretonnes, des goélettes à raison d’un homme pour un bateau. Un projet de « Musée des fondy » est mis en oeuvre par Fred Bouvier, copropriétaire de la goélette « Nofy Be » construite dans ce chantier.
Ce type de goélette fut amené dans la région par les frères Joachim à la fin du XIXème siècle et le chantier naval qui se développa à Belo/mer avait pour but de doter Madagascar d’une véritable marine marchande. Navire réputé solide avec de bons rendements à la voile, son faible tirant d’eau lui permettant de se déplacer sur la côte et de rentrer dans les bras de rivières abritant de nombreux villages inaccessibles par la terre.
Le Musée des Fondy (les maîtres artisans NDLR) ne vise pas seulement à préserver le passé, il veut inspirer l’avenir. Face aux défis du changement climatique, de la pêche industrielle, de la disparition des savoir-faire, il s’agit ici de redonner la parole et la fierté à ceux qui ont fait de la mer leur école, leur atelier, leur maison. En donnant une place centrale aux Vezo de Belo/mer et d’ailleurs, le musée se veut un outil de dignité, d’identité et de résilience, un pont entre générations, entre cultures, entre terres et océans.

Le projet est porté par l’association du Musée des Fondy de Belo/mer, qui réunit : des acteurs du tourisme engagés dans le développement durable, des charpentiers de marine, constructeurs de boutres et de goélettes, des marins, pêcheurs et artisans du littoral vezo, des habitants du village, témoins et porteurs de mémoire. Ainsi que des chercheurs malgaches et internationaux engagés dans la préservation du patrimoine maritime.
Deux chercheurs majeurs rejoignent cette dynamique associative :
Tom Polacheck, océanographe australien, qui a codirigé en 2024 une mission le long de la côte ouest de Majunga à Morombe, en lien avec le peuplement austronésien de Madagascar.
Maxime Bernard, anthropologue maritime et charpentier de marine français, actuellement en étude approfondie sur les goélettes traditionnelles et la culture vezos.
Leur présence permet au musée de devenir un carrefour de transmission entre savoirs locaux et savoirs scientifiques, tout en restant accessible à tous, du chercheur à l’écolier, du touriste curieux à l’ancien charpentier.
Pour participer à la cagnotte Leetchi du musée des Fondy de Belo/mer : Cliquer ICI




















