Comme pressenti par nos équipes sur place, la situation a dégénéré suite au mot d’ordre de manifestations lié aux coupures intempestives de l’eau et de l’électricité à Madagascar.

Les coupures intempestives qui se traduisent par une alimentation d’à peine quelques heures par semaine et ce n’est pas mieux du côté électricité.
En cause ? une société nationale d’eau et d’électricité, la JIRAMA (littéralement « Jiro sy Rano malagasy ») en état de faillite depuis des décennies car en proie à la corruption et au népotisme. La situation est si critique dans le pays que ni les aides des bailleurs de fonds, ni les investissements massifs du secteur privé (dans des groupes électrogènes thermiques notamment) ne suffisent à assurer le minimum vital pour les entreprises et le public.
Résultat, en bon fusible, le ministre de l’Énergie et des Hydrocarbures, Olivier Jean Baptiste, a été limogé hier, vendredi 26 septembre par le président de la République malgache, Andry Rajoelina.

Les scènes sont horribles comme à chaque émeute

Un limogeage qui ne leurre personne et qui intervient dans un climat explosif qui ne semble pas prêt de s’arrêter.
D’après nos sources sur place :
Les pillages et les actes de vandalisme se poursuivent à Tana et le mouvement s’élargit en provinces : Antsirabe, Diego, Tamatave…
À Tana des groupements de personnes continuent de piller à l’heure où nous éditons cette information. Les scènes sont horribles comme à chaque émeute qui se déroule dans le pays : blessés et morts sur les trottoirs rouges de sang, feux de mobiliers et d’immeubles, victimes brulées vives par ces feux dans un climat de chaos absolu…
Les forces de l’ordre ont commencé à tirer depuis vendredi à balles réelles. Bilan : une dizaine de morts.

A suivre dans nos colonnes…

 

Photo ©  Zo Andrianjafy