C’était il y a 30 ans.  Le 18 juillet 1995 demeurera gravé dans la mémoire collective de Madagascar. Ce jour-là, un avion militaire revenant de Maintirano s’écrasait à seulement 600 mètres de la piste de l’aéroport d’Ivato, alors qu’il s’apprêtait à atterrir. À bord du DC-3, un appareil construit en 1944, se trouvaient 40 personnes : 22 missionnaires bénévoles venus accomplir une mission humanitaire de dix jours, six membres d’équipage et quelques autres passagers. Le bilan fut terrible : 36 morts et seulement quatre survivants.

Photo (Jeanni Fidy/Archipels) : Zouzar Bouka, rescapé du crash et instigateur de la commémoration, devant l’exposition à l’hôtel de ville d’Antananarivo.

Parmi les survivants, une voix s’est élevée au milieu du chaos : celle de Zouzar Bouka. Gravement blessé, mais conscient, il avait trouvé la force de murmurer ces mots restés célèbres : « Mbola velona aho » (« Je suis encore vivant »). Les secouristes, le croyant mort, s’apprêtaient à l’abandonner, avant d’entendre ce souffle de vie. Trente ans plus tard, ce miraculé, aujourd’hui entrepreneur et fondateur du groupe diversifié Vision Madagascar (ViMa), a livré un témoignage bouleversant : « À l’approche de Tana, j’ai vu la terre rouge frapper le hublot. Puis, le silence. J’ai entendu quelqu’un dire : “Avelao izy fa efa maty.” J’ai eu la force de murmurer : “Eh, mbola velona aho” … »

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