La Chine s’est imposée comme le premier créancier bilatéral de la région Afrique de l’Est et de l’Océan indien (AEOI), finançant essentiellement des projets d’infrastructures, en particulier dans les transports. A l’inverse, la part des créanciers du Club de Paris a fortement diminué, d’après une note de conjoncture éditée par La Lettre économique de l’Afrique de l’Est et de l’Océan Indien (Direction Générale du Trésor, France).
Photo : Ran-liwen/unsplash
Ce qu’il faut retenir de cette note : La Chine est de loin le 1er bailleur bilatéral dans la zone, en particulier à Djibouti, en Ouganda, aux Comores, au Kenya et en Éthiopie.
Le niveau de dette publique des pays de l’AEOI est relativement contenu (51,5 % du PIB en 2024 – hors Érythrée, Somalie et Soudan, contre 61,0 % en Afrique subsaharienne). Celui-ci s’inscrit néanmoins en nette hausse depuis 2011 (34,7 % du PIB), en raison d’investissements importants dans les infrastructures, des crises qui se sont succédées (sanitaires, géopolitiques, climatiques) et d’une hausse du coût de la dette.
La dette publique des pays de l’AEOI suit une trajectoire ascendante depuis 2012, bien qu’erratique, étant passée de 34,0 % à 51,5 % du PIB entre 2012 et 2024. Le Soudan, dans un contexte de forte dépréciation de sa monnaie, et le Rwanda, ayant investi massivement dans ses infrastructures publiques, affichent les hausses les plus marquées. A l’inverse, la dette somalienne a été fortement réduite suite à l’atteinte par le pays du point d’achèvement de l’initiative Pays pauvres très endettés (PPTE).
L’endettement dans la zone est majoritairement externe (représentant 65,8 % du total de la dette en 2023). La dette extérieure est essentiellement concessionnelle pour le Rwanda ou Madagascar, alors que d’autres, comme Djibouti dépendent de financements non concessionnels.
De nombreux enjeux demeurent pour assurer la soutenabilité de l’endettement dans la zone, notamment pour Djibouti et l’Éthiopie dont la dette est jugée insoutenable, tandis que les Seychelles ou la Tanzanie présentent un risque modéré de surendettement.
Pour notre région du sud ouest de l’océan Indien, soulignons que la composition est hétérogène : les bailleurs multilatéraux détiennent l’essentiel des dettes externes à Madagascar, au Rwanda, en Ouganda et en Tanzanie, alors que les bailleurs bilatéraux sont majoritaires en Somalie, Djibouti et aux Comores. Enfin, le degré de soutenabilité est très variable selon les pays : tandis que les Seychelles ou la Tanzanie présentent un risque modéré de surendettement, l’Éthiopie et Djibouti ont une dette jugée insoutenable par le FMI.




















