Situé à Chamarel, Ebony Forest est un parc privé qui attire des milliers de visiteurs chaque année. Ce rare et précieux sanctuaire de 50 hectares est avant tout une réserve naturelle née de l’initiative de passionnés de la nature qui se sont donné pour mission de préserver, restaurer et valoriser la biodiversité menacée de Maurice.
Par Alexandre Karghoo
Publié dans le hors-série 2024 du journal des Archipels, consacrés aux Objectifs de développement durable (ODD).
Photo (DR) Ouvert au public depuis 2017, Ebony Forest est en réalité un projet de conservation qui date de 2006. On y trouve des espèces de plantes et d’animaux endémiques rares.
Ouvert au public depuis 2017, Ebony Forest est en réalité un projet de conservation qui date de 2006. A l’initiative de ce projet, le couple Mary-Anne et Owen Griffiths qui a financé la création d’Ebony Forest par passion, en acquérant les différents terrains qui composent aujourd’hui le site et en menant les premiers travaux de restauration de la forêt. L’organisation gère également une vingtaine d’hectares de forêts dans la vallée de l’Est du pays, à côté de la Vallée de Ferney, plus connue.
En 2012, les Griffiths décident de passer à une autre étape afin de partager leur passion avec le public. Ils décident de travailler sur l’ouverture du centre d’accueil des visiteurs qui est inauguré en 2017. Grâce à ce changement, de nouveaux projets ont pu voir le jour et un modèle financier assurant la pérennité du sanctuaire a été établi.
En 2019, suite à un financement du CEPF (Critical Ecosystem Partnership Fund ou Fonds multi-bailleurs pour les écosystèmes en danger critique), l’organisation décide de mettre en place son propre programme de conservation animale. Car, comme l’explique le Dr Christine Griffiths, directrice générale d’Ebony Forest, le défi à Maurice réside dans le fait que, malgré une couverture forestière parfois importante, celle-ci est principalement composée d’espèces invasives. Or, une forêt en bonne santé ne se limite pas aux plantes, mais inclut également des insectes et des animaux qui jouent un rôle essentiel dans l’écosystème, tels que le contrôle des prédateurs ou la dispersion des graines.

PHOTO (Alexandre Karghoo) : Dr. Christine Griffiths, directrice générale d’Ebony Forest.
Depuis, Ebony Forest travaille entre autres avec la National Parks and Conservation Service (Service des parcs nationaux et de la conservation), à Chamarel et dans la vallée de l’Est, notamment dans le cadre de programmes d’élevage en captivité et/ou de lâchers d’oiseaux endémiques comme la grosse cateau verte (espèce locale de perroquet), l’oiseau à lunettes ou le pigeon rose. Des tortues d’Aldabra ont été introduites à Chamarel pour jouer le rôle des tortues de Maurice aujourd’hui disparues. Un projet atypique de conservation des escargots fait partie des programmes innovants d’Ebony Forest. Maurice était originellement couvert d’une grande variété d’espèces d’escargots, avant d’être décimées par la présence humaine.

PHOTO (DR) : Ebony Forest s’appuie sur quelques partenaires clés dont la banque MCB ou le CEPF, un programme conjoint de l’Agence française de développement, de Conservation International, de l’Union européenne, du Fonds pour l’environnement mondial, du gouvernement du Japon et de la Banque mondiale.
Restaurer 21 hectares de forêt d’ici 2026.
Ebony Forest souhaite bientôt mettre en place un programme pour les geckos. Il existe sur l’île Maurice quelques espèces de geckos comme le lézard vert (Mauritius lowland forest day gecko) qui sont en danger d’extinction. Cette espèce est présente uniquement dans certaines régions restreintes comme les terrains en friches de l’ouest. L’objectif est d’élever en captivité les geckos pour les réintroduire dans des zones protégées.
Pour tous ces projets, Ebony Forest s’appuie sur quelques partenaires clés dont la banque MCB qui compte quelques projets de financement de la biodiversité. Depuis sa création, Ebony Forest a aussi bénéficié de quatre financements du CEPF, un programme conjoint de l’Agence française de développement, de Conservation International, de l’Union européenne, du Fonds pour l’environnement mondial, du gouvernement du Japon et de la Banque mondiale. Le dernier financement en date lui permettra de restaurer 21 hectares à Chamarel et la vallée de l’Est et de sensibiliser 15000 personnes d’ici 2026.




















