Comparé à d’autres pays de l’Afrique australe, à l’instar de l’Afrique du Sud ou de la Namibie, Madagascar est à la traine dans le domaine de la promotion de l’hydrogène vert. Mais quelques signes montrent que le pays compte s’activer pour rattraper son retard.

Enquête réalisée par notre journaliste Liva Rakotondrasata, parue sur le JDA 20 en janvier 2025.
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C’est au mois de juin 2023, à l’occasion du forum sur les énergies et industries du futur en Afrique, tenu à Hambourg en Allemagne, que Madagascar a pour la première fois dévoilé ses ambitions dans le domaine de l’hydrogène vert. «C’est l’énergie du futur. D’ici quinze à vingt ans, bon nombre d’avions et navires fonctionneront avec cette énergie. Le Sud de l’île dispose de suffisamment d’espace pour accueillir des infrastructures adaptées afin que Madagascar puisse se positionner sur l’échiquier de l’hydrogène vert», a déclaré Solo Andriamanampisoa, alors ministre de l’Energie et des hydrocarbures.

Depuis cette annonce, plusieurs interventions officielles, au cours d’ateliers nationaux ou des conférences internationales, ont confirmé «l’engagement de Madagascar en faveur de l’hydrogène vert en tant que vecteur énergétique clé pour une économie durable». Selon les explications, la Grande Ile aspire à devenir un hub de l’hydrogène vert en créant un environnement propice à l’investissement et à la production d’hydrogène renouvelable… On sait en outre que le pays compte profiter à terme de la décision de l’Union européenne de signer des accords sur l’hydrogène vert avec plusieurs pays africains, dans le cadre de son programme d’importation de 10 millions de tonnes d’hydrogène vert à partir de 2030.

L’Europe a besoin de 10 millions de tonnes d’hydrogène vert à partir de 2030.

«Pour répondre à une demande en énergie qui ne cesse de croitre tout en privilégiant les solutions durables, la Grande Ile, comme les autres pays de la région, doit investir dans l’énergie décarbonée. Avec son hydrographie dense et encore peu exploitée, le pays a de quoi produire assez d’énergie pour atteindre son objectif d’offrir l’accès à tous à l’électricité verte», a-t-on aussi soutenu. Dans cette perspective, le pays mise sur l’appui des bailleurs de fonds institutionnels pour financer les projets y afférents. Il peut notamment compter que la Banque africaine de développement (BAD). Cette dernière, organisatrice du premier Forum africain sur l’hydrogène vert en 2022, a aussi déjà fait savoir que l’hydrogène vert va faire l’objet d’échanges approfondis lors des éditions de l’Africa Investment Forum. Partenariat dirigé par le gouvernement américain, coordonné par l’USAID, Power Africa peut aussi épauler Madagascar pour matérialiser ses ambitions. Cette structure rassemble les ressources collectives de plus de 170 partenaires des secteurs public et privé pour doubler l’accès l’électricité en Afrique subsaharienne. Depuis 2013, elle a contribué à fournir de l’électricité pour la première fois à plus de 165.4 millions de personnes à travers le continent. Les projets soutenus par Power Africa produisent plus de 6,500 MW d’électricité nouvelle, plus propre et plus fiable, contribuant ainsi à atténuer le changement climatique et à mettre fin à la pauvreté énergétique.

Power Africa partenaire de Madagascar pour accélérer les projets d’énergie propre.

On sait en outre que Power Africa appuie les projets dans le domaine de l’hydrogène vert. Notons à titre d’exemple que dans le cadre du partenariat développé entre Power Africa Senior Advisors et le Tony Blair Institute for Global Change (TBI), l’élaboration d’une stratégie de transition énergétique en faveur du Mozambique a été réalisée. Elle prévoit des investissements dans les technologies renouvelables, les véhicules électriques et l’hydrogène vert. « Le déploiement rapide de technologies énergétiques propres, y compris l’hydrogène vert et le stockage par batterie, est essentiel pour atteindre nos objectifs communs en matière de développement humain, de climat et d’économie », a-t-on souligné.

A Madagascar, le gouvernement américain, à travers Power Africa et l’Agence américaine pour le développement international (USAID), a réaffirmé son engagement à soutenir les objectifs de développement durable du pays avec une série de projets ciblés visant à élargir l’accès à une énergie propre et fiable. Le 24 octobre dernier, Power Africa et le gouvernement de Madagascar ont signé une convention de partenariat pour accélérer les projets d’énergie propre dans les zones agricoles à fort potentiel, à soutenir la transition de Madagascar vers des systèmes énergétiques à faible émission de carbone et à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Pour Daniela Rakotomamonjy, alors conseillère de l’USAID pour Power Africa : « Nous nous engageons à favoriser l’innovation, l’investissement et l’accès à une énergie abordable et durable pour tous. » Et cette responsable d’ajouter qu’ensemble, le gouvernement américain et Madagascar stimulent la croissance économique, luttent contre la pauvreté énergétique et contribuent à un avenir plus vert et plus résilient pour le pays.