L’océan Indien : région d’une richesse naturelle inestimable ; hélas, dans l’immensité bleue de cette région, ce joyau est confronté à des défis environnementaux sans précédent. La montée des eaux, le changement climatique, la dégradation des écosystèmes marins, la pression croissante sur les ressources naturelles sont des questions préoccupantes. Toutefois, au cœur de ces enjeux, la finance verte émerge comme un modèle économique prometteur pour les territoires insulaires dans la zone. Tour d’horizon sur cette approche innovante qui conjugue développement économique et préservation environnementale.

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(…) L’océan Indien se positionne comme un laboratoire de la transition écologique. Les investissements durables dans la région sont en pleine croissance. En 2023, la Banque africaine de développement (BAD) a alloué plus de 100 millions de dollars pour des projets d’énergies renouvelables dans l’océan Indien. Ces financements ciblent particulièrement la protection des mangroves, véritables puits de carbone naturels et le développement de l’agriculture durable. Un exemple concret est le projet de restauration des mangroves à Madagascar, lancé en janvier 2023, soutenu par des fonds verts, visant à restaurer 10000 hectares de mangroves d’ici 2025. Cette initiative contribue à la séquestration du carbone tout en renforçant la résilience des communautés côtières face au changement climatique. Les enjeux sont importants : préserver la biodiversité exceptionnelle de la région tout en assurant le développement économique de ses plus de 25 millions d’habitants.

La mission des banques et institutions financières.

Les institutions financières jouent un rôle fondamental dans la finance verte en fournissant les capitaux nécessaires aux projets écologiques. En novembre 2023, la Mauritius Commercial Bank (MCB) a conseillé EnVolt, une branche du groupe ENL, sur l’émission de 510 millions de roupies (environ 11 millions de dollars) pour la construction de 13 fermes solaires à Maurice, totalisant 14 MW. Ce type d’instrument financier est indispensable pour mobiliser des ressources pour la transition énergétique et la réduction de l’empreinte carbone. Des outils comme les prêts à taux réduits et les obligations vertes sont utilisés pour financer des projets écologiques. En 2024, la Commission de l’océan Indien (COI) a renforcé l’accès à la finance climatique, en mettant l’accent sur les petits États insulaires et les enjeux primordiaux comme la santé et la gestion des écosystèmes marins. La Réunion a également signé un accord avec le Fonds Européen d’Investissement pour un Fonds d’aide à l’investissement de 44,8 millions d’euros, visant à soutenir les TPE-PME locales, particulièrement celles engagées dans des pratiques écologiques. Ces actions contribuent à encourager la transition écologique et soutiennent les entreprises locales dans leurs initiatives durables.

L’Indianocéanie à l’avant-garde du développement durable.

L’essor de la finance verte dans l’océan Indien témoigne d’une prise de conscience collective : développement économique et préservation de l’environnement ne sont plus opposés, mais complémentaires et indissociables. En mobilisant des investissements responsables et en encourageant des pratiques durables, la région pose les jalons d’une croissance plus résiliente. Reste désormais à transformer ces engagements en actions concrètes pour que l’océan Indien devienne un modèle de transition écologique, où prospérité rime avec responsabilité.

*Gervais Atta est un banquier ivoirien. Après une belle expérience à la Banque Atlantique en tant que directeur du développement commercial et directeur général par intérim chez Atlantique assurance vie, il dépose ensuite ses valises à la Banque Nationale de l’Industrie (BNI) à Madagascar au poste de directeur de développement commercial, communication et du marketing.
Toujours basé dans la capitale malgache, il est directeur régional pour l’océan Indien de Atlantic Group, représenté dans la région à la BNI et la Banque pour l’Industrie et le commerce des Comores (BIC-COMORES)