Le 21 avril 2021, Mayotte signait deux accords de coopération avec les régions djiboutiennes de Tadjourah et d’Ali Sabieh. Cinq ans plus tard, rien de concret n’a été mis en place sur le terrain. À l’heure où Madagascar, le Kenya et Djibouti ont fait un pas vers Mayotte, c’est désormais à l’île de montrer qu’elle sait être un partenaire fiable.
C’est en résumé, ce qu’explique notre confrère Anthoumane Saïd de France Mayotte Matin qui cite notre magazine en ces termes :

Illustration (J.Rombi) Au grand marché de Mamoudzou.

Selon Le Journal des Archipels,  « la  signature du 21 avril 2021 entre le (ex) président du Conseil départemental, Soibahadine Ibrahim Ramadani, etles présidents des régions de Tadjourah et d’Ali Sabieh, Omar Oussein Omar et Omar Waiss, avait été présentée comme une deuxième reconnaissance de Mayotte française par un État africain, après celle de Madagascar en 2013.
Les deux accords-cadres prévoyaient de travailler ensemble dans  huit grands domaines : les transports maritimes, la gestion des ports, le tourisme, l’eau potable, la santé, l’action sociale, les échanges commerciaux et la formation professionnelle. Ils englobaient également le sport, la culture ainsi que l’appui institutionnel entre les collectivités partenaires.
La portée politique de ces accords était considérable. Djibouti est membre de l’Union africaine, de la Ligue arabe et de l’Organisation de la coopération islamique, trois organisations qui soutiennent traditionnellement la revendication comorienne sur Mayotte. En signant avec le Département-Région de Mayotte, Djibouti reconnaissait donc implicitement la place de Mayotte au sein de la République française. »

Mais cinq ans plus tard, le constat est sévère d’après notre confrère. « Aucun projet commun n’a véritablement vu le jour sur le terrain. Aucune délégation mahoraise n’a été officiellement reçue à Djibouti depuis la signature, et aucune délégation djiboutienne ne s’est rendue à Mamoudzou depuisjuillet 2019. Les promesses faites dans les domaines portuaires, de la santé ou encore de l’éducation sont restées à l’état d’intentions.
Pendant ce temps, les voisins avancent. Madagascar avait ouvert la voie dès 2013. Le Kenya a signé le projet Daraja en novembre 2024 avant d’envoyer une délégation économique officielle en juin 2025. Djibouti, de son côté, avait pris l’initiative en 2021.
Trois pays ont ainsi clairement tendu la main à Mayotte. Aujourd’hui, c’est au territoire de répondre présent. Il lui appartient de prouver qu’il est unpartenaire sérieux, capable de faire vivre les accords déjà signés et de respecter un calendrier clair. »

L’enjeu dépasse la seule diplomatie régionale. Il s’agit aussi de crédibilité politique et économique. Mayotte doit démontrer qu’elle sait transformer les signatures en actions concrètes, tout en élargissant progressivement son cercle de coopération vers d’autres voisins, comme le Mozambique, avec la même exigence de résultats visibles et durables.