Blue Marine Foundation et l’association BLOOM ont uni leurs forces pour contester une décision de la Commission Européenne, qu’ils accusent de bloquer des mesures essentielles de gestion des pêches pour la protection de l’environnement marin dans l’océan Indien. Les représentants des ONG, notamment Blue Marine Foundation étaient ce jeudi 13 février à la Cour de justice, selon un communiqué émis le jour même.

PHOTO (Byron Dilkes) : Les navires européens dans l’OI utilisent des DCP (dispositifs de concentration de poissons), des systèmes flottants (des radeaux), sous lesquels vont se regrouper les poissons. Les DCP sont aujourd’hui équipés de capteurs qui indiquent leur positionnement et offrent aussi une indication de la biomasse de poisson qui l’entoure.

L’équipe de Blue Marine, composée de Jess Rattle (responsable des enquêtes) et Priyal Bunwaree (conseillère juridique), était présente ce jeudi 13 février à la Cour de Justice de l’Union européenne pour leur première affaire judiciaire. Comme l’annonce le communiqué de Blue Marine Foundation sur LinkedIn, “le dossier porte sur l’utilisation continue par la flotte de l’UE de dispositifs de concentration de poissons dérivants destructeurs dans l’océan Indien.” Ces dispositifs, bien que largement utilisés, sont connus pour leurs impacts dévastateurs sur les écosystèmes marins, contribuant à la surpêche et menaçant la biodiversité.

PHOTO (Blue Marine Foundation) :  Jess Rattle (responsable des enquêtes chez Blue Marine Foundation, à droite) et Priyal Bunwaree (conseillère juridique).

Une objection controversée de l’UE

En 2023, l’Union européenne a exprimé son opposition à une mesure environnementale proposée et adoptée par plusieurs États côtiers membres de la Commission des Thons de l’Océan Indien (CTOI). Cette mesure visait à renforcer les contrôles sur l’utilisation des dFADs, notamment par l’instauration d’une période de fermeture stricte. Cependant, l’UE et ses pays alliés s’y sont opposés : “Cette objection a signifié que l’UE n’était pas obligée de respecter les restrictions sur l’utilisation des dFADs, permettant à ses navires de continuer à piller les stocks de thon de la région, au détriment de l’environnement marin et des moyens de subsistance des communautés côtières”, élabore Blue Marine Foundation dans son communiqué.

L’objectif de cette action en justice portée par les deux ONG vise à mettre un frein à la surpêche dans l’océan Indien et garantir que les institutions européennes respectent leurs engagements en matière de durabilité et de droit environnemental.