Le navire Plastic Odyssey a terminé ce mercredi 8 mai son escale à Tamatave, troisième étape de l’expédition régionale contre la pollution plastique portée par la Commission de l’océan Indien (COI). Après La Réunion et Maurice, cette escale à Madagascar a été marquée par une conférence nationale organisée le 5 mai, qui a réuni plus de 200 participants au Port Academy Center.
PHOTO (COI) : Simon Bernard, co-fondateur de Plastic Odyssey.
Cette mobilisation s’inscrit dans le cadre du projet ExPLOI (Expédition plastique océan Indien), financé par l’Agence française de développement (AFD) et le Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM). L’objectif est double : sensibiliser les acteurs locaux et collecter des données scientifiques inédites sur la pollution plastique dans l’océan Indien. La COI coordonne pour cela une campagne océanographique menée en collaboration avec l’IRD, mobilisant des chercheurs des cinq États membres.
Lors de son intervention, le secrétaire général de la COI, Edgard Razafindravahy, a souligné l’absence actuelle de dispositif de suivi régional : « Le projet ExPLOI appuie plusieurs dizaines de chercheurs pour combler ce vide et alimenter un observatoire régional dédié. » Ces travaux seront présentés en juin à la Conférence des Nations unies sur l’océan, à Nice.
La tournée du Plastic Odyssey comprend également un volet d’innovation locale. La COI annonce la création d’incubateurs et de fablabs dans chacun de ses États membres, ainsi que le financement de 40 projets pour soutenir l’économie circulaire. À Madagascar, la prochaine étape de l’expédition se déroulera sur l’île Sainte-Marie, où les autorités souhaitent expérimenter un modèle d’île sans plastique.
À Tamatave, les autorités locales ont affiché leur volonté de s’impliquer concrètement dans la lutte contre la pollution plastique. Lors de la conférence nationale du 5 mai, le gouverneur par intérim de la province d’Atsinanana, Andry Rakotovao, a déclaré : « Nous nous engageons en tant qu’autorité locale à soutenir activement cette dynamique et à mobiliser les ressources pour garantir la réussite de cette mission. Ensemble, unis par une vision commune, nous pouvons transformer ce défi en opportunité pour un avenir plus propre et durable. » Selon le communiqué de la COI, cette prise de position s’inscrit dans une logique de renforcement de la mobilisation nationale, alors que Madagascar participera, aux côtés des autres États membres, aux négociations sur le futur traité mondial sur les plastiques.
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