Diplômé de l’Isipca (Institut supérieur international de la parfumerie, de la cosmétique et des arômes alimentaires) de Versailles (France), Heriniaina Ramboatiana préside actuellement à la destinée du Syndicat Malgache de l’Agriculture Biologique.

Photo (Symabio) : Heriniaina Ramboatiana, président du Symabio (à gauche) avec l’industriel Hassim Amiraly à la dernière Foire Internationale de l’Agriculture, à Antananarivo.

 

L’actuel président du Symabio, également à la tête du groupe Phael Flor, a choisi, il y a plusieurs années, de retourner à Madagascar afin “d’apporter une plus-value à nos produits traditionnels de rente”. L’entreprise fondée par son père et dont il a repris la direction, opère dans la filière bio depuis les années 1980 à travers notamment deux exploitations, à Mahanoro et à Moramanga (dans l’est de l’île NDLR). La société mise notamment sur le ravintsara, le géranium, le gingembre, le curcuma, la cannelle, la verveine et le girofle.

Mais Heriniaina Ramboatiana souligne aussi que Phael Flor a pu connaître un développement significatif grâce à sa collaboration avec les paysans auprès desquels le groupe se fournit en matières premières. Quant à la transformation, elle se fait dans son unité industrielle sise à Antananarivo : “Notre grande fierté est d’opérer en toute équité. Nous sommes certifiés ESR (Equitable, Solidaire et Responsable) par Ecocert et avons su ainsi garder la fidélité de nos partenaires paysans depuis de longues années”.

On sait en outre que la production du groupe est aussi certifiée aux normes HACCP (Hazard Analysis Critical Control Point). Phael Flor, qui cherche à améliorer sans cesse ses process, a conçu un logiciel afin de relier les différents sites de production. Une initiative qui a permis à Heriniaina Ramboatiana de recevoir, au nom du groupe qu’il dirige, le prix de l’innovation du trophée CAP Export organisé par la Chambre de commerce et d’industrie France-Madagascar (CCIFM).

Sensibiliser l’opinion et les autorités dans la promotion de l’agriculture biologique.

Mais comment savoir qu’une entreprise joue effectivement la carte de l’agriculture biologique ? Pour le président : “Nous adhérons strictement aux règles établies pour s’assurer que tous nos produits sont certifiés biologiques. Nous privilégions le respect de l’environnement, du sol et des consommateurs, nous n’utilisons aucun pesticide, engrais chimique ou hormone de croissance de la plantation à la mise en bouteille et, enfin, nous n’utilisons que de la matière organique naturelle et suivons les principes de rotation des cultures pour favoriser la santé du sol et prévenir les ravageurs et les maladies”.

Ces derniers temps, Heriniaina Raboatiana est très pris par ses responsabilités de président de la principale plateforme rassemblant les acteurs de la filière bio dans la Grande Ile. Les interventions dans les forums et les conférences se succèdent à un rythme effréné, sans oublier les salons internationaux et les événements locaux. Pour rappel, le Symabio a vu le jour en mars 2011 à l’initiative d’opérateurs conscients de l’enjeu porté par la filière au plan économique, social et environnemental et de la nécessité de se structurer en groupement pour sensibiliser l’opinion et les autorités dans la promotion de l’agriculture biologique.

Heriniaina Raboatiana préside actuellement un groupement qui compte une trentaine de membres exerçant des activités dans la filière bio et disposant de certificats de conformité de leurs produits biologiques. Le réseau compte 5000 partenaires producteurs en milieu rural localisés dans différentes régions de Madagascar. Les opérations de cueillette constituent aussi une source de revenu pour d’innombrables villageois dans les zones répertoriées Bio.

Promotion de la consommation locale.

“Plus de 300 opérateurs malgaches possèdent actuellement une certification bio reconnue sur le marché international. Soit presque cinq fois plus que ce que la Grande île comptait en 2009. La superficie utilisée pour l’agriculture bio est passée de 14000 ha en 2009 à plus de 62000 ha actuellement. Mais ce chiffre reste peu élevé quand on sait que Madagascar dispose de larges superficies pour mettre en valeur son potentiel bio”, a aussi expliqué Heriniaina Ramboatiana.

Aussi le président du Symabio s’est fixé un nouvel objectif, celui d’ancrer le bio dans la culture de consommation des Malgaches. Pour lui, peu de gens savent encore que dans le pays nombre de produits, notamment les fruits et légumes, sont cultivés en recourant à des matières chimiques. Pour lui, il est temps pour les consommateurs de la Grande Ile de privilégier les produits issus d’un mode de production qui a recours à des pratiques agricoles et d’élevage soucieuses du respect des équilibres naturels. “Il y va de notre santé à tous”, plaide-t-il tout en rassurant que si les produits agricoles bio sont encore plus chers actuellement, la hausse du volume de consommation pourrait renverser la tendance.

Au mois de juin dernier, à l’occasion de la tenue de la “Semaine des produits d’excellence”, Heriniaina Ramboatiana a eu une nouvelle fois l’opportunité de donner des éclairages sur les avantages pour Madagascar et les consommateurs de miser sur l’agriculture bio. Quelques jours plus tard, le président du Symabio était de nouveau sur le terrain en mode sensibilisation. Cette fois, c’était au “Village Biolojika” aménagé pendant l’International Fair Tourism of Madagascar, au CCI Ivato à Antananarivo.

Pour en savoir plus, lire l’article sur l’agriculture Bio à Madagascar dans notre édition JDA 23, distribuée actuellement à Maurice, La Réunion, Madagascar et mayotte.