Rencontrée en marge du Responsible Business Summit (RBS, lire le JDA 21), l’ancienne ministre française à l’égalité des chances* (2020/2022) nous avait annoncé le lancement prochain du réseau ADWIN dédié à la femme africaine et ses descendantes.
Elle nous en dit plus dans cet entretien exclusif.
Photo (DR) : Elisabeth Moreno est présidente du CA de Ring Capital et Ring Africa, présidente de Leaders Engagés, présidente de la fondation Femmes@numérique et de La Puissance du Lien et ex-ministre déléguée à la diversité et l’égalité des chances.
Le Journal des Archipels : Vous avez lancé un réseau ADWIN dédié à la femme africaine, pourquoi ? Quels sont ses objectifs ?
Elisabeth Moreno : «L’Afrique est le berceau de l’humanité. Mais trop souvent, notre héritage a été enfermé dans la nostalgie ou fragmenté par les divisions de l’histoire. Nous n’avons pas toujours su faire de notre passé une force commune. Aujourd’hui, nous pensons que c’est en puisant dans nos racines que nous trouvons l’élan pour bâtir l’avenir. Parce que seules, nous restons vulnérables. Mais ensemble, nous pouvons faire beaucoup .
Nous ne voulons plus attendre que d’autres décident à notre place, ni espérer que les portes s’ouvrent par miracle. Nous allons créer nos propres ponts, les franchir avec courage et les consolider pour celles et ceux qui viendront après nous.
Car notre puissance n’est pas seulement individuelle : elle est collective, intergénérationnelle et universelle.
C’est dans cet esprit qu’est né ADWIN. Les femmes africaines et afro-descendantes sont la colonne vertébrale de nos sociétés, mais elles restent trop souvent invisibles ou sous-financées. C’est pourquoi nos objectifs se déclinent autour de cinq piliers : les compétences (WinSkills), la confiance en soi (WinConfidence), l’accès aux financements (WinCapital), la santé et le bien-être (WinWell) et notre héritage commun (WinHeritage).
«Nos racines ne nous retiennent pas. Au contraire, elles peuvent nous propulser vers l’avenir.»
JDA : Bientôt sera lancé un réseau régional ADWIN, à Maurice. Comment cela va-t-il se structurer ?
EM : «Maurice est un carrefour stratégique entre l’Afrique, l’Asie et l’Europe. ADWIN Maurice sera gouverné par des femmes locales et proposera des programmes concrets : mentorat, formation, accès aux financements, mise en réseau.
Nous sommes ravies que Luvna Arnassalon ait accepté de diriger ce chapitre. Je connais son parcours, ses engagements et ses valeurs : c’est exactement ce dont nous avons besoin pour incarner cette dynamique.
ADWIN Maurice ne sera pas isolé. Comme chaque chapitre il fera partie d’un écosystème mondial d’entraide et de solidarité : ce que nous construisons à Abidjan, Paris, São Paulo ou Maurice, nous le faisons ensemble, dans une logique de ponts durables.»(Bien connue de nos lecteurs, Luvna Arnassalon est directrice générale de Greenalytics by Baker Tilly, NDLR).
JDA : Des réseaux professionnels, pour femmes, il y en existe beaucoup. Mais peu perdurent. Comment assurer la pérennité d’ADWIN ?
EM : Nous avons appris des échecs du passé. Et nous avons activé trois leviers essentiels pour la durabilité d’ADWIN : un modèle économique hybride et durable – un ancrage local fort et des partenariats solides, enfin des actions concrètes et des résultats mesurés tangibles. Mais surtout, ADWIN repose sur une conviction profonde : ce qui fait durer un réseau, ce ne sont pas seulement les financements ou la stratégie, ce sont les liens humains et les objectifs partagés.
Rejoignez nous nombreuses et nombreux !
*Le Responsible Business Summit (RBS) co-organisé les 24 et 25 mars derniers au Caudan Art Centre par les géants de l’économie mauricienne : IBL Together, Rogers Group, Eclosia, Currimjee Jeewanjee et MCB Group. Le groupe CIEL étant sponsor de son côté et le Journal des Archipels, média officiellement représenté.
Lire le reportage sur le JDA 21.




















