Citeo* a présenté le bilan de ses actions 2024 sur le tri des déchets ménagers. Avec 4 millions d’euros investis, 700 tonnes recyclées et 800 bornes installées, l’éco-organisme affiche une progression mesurée. Mais le dispositif reste jeune et encore peu suivi : la question d’une stratégie de communication plus massive se pose.
Texte : FMM
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Citeo a présenté le 4 novembre dernier le bilan de ses actions à Mayotte. Lors d’une conférence de presse, Nicolas Moulin, responsable Outremer, est revenu sur les réalisations de l’organisme, avec un investissement de 4 millions d’euros en 2024. Cette enveloppe couvre la logistique, l’implantation de nouveaux bacs et la communication.
Mayotte compte environ 250 points de collecte, chacun équipé de trois bornes pour le carton, le plastique et le verre, soit 800 bornes sur tout le territoire. Citeo, avec ses partenaires de collecte, tente d’adapter les tournées au taux de remplissage des bornes afin de les vider avant saturation. En 2024, 700 tonnes de déchets ont été recyclées, un chiffre qui progresse faiblement depuis l’installation des premières bornes en 2013. Les déchets sont séparés au centre de tri de Mayotte, avant que les matériaux ne soient ex- portés vers l’Europe ou l’Asie : plastique, métal et verre en Europe, papier-carton en Asie. Le coût du transport constitue un frein majeur, d’où la réflexion en cours sur un éventuel développe- ment de filières locales de recyclage. À chaque nouvelle installation de bornes s’ajoutent des actions de proximité. Des interventions scolaires, des événements de quartier et des partenariats avec des associations locales comme Naïma, formées aux principes du tri, sont également mis en place.
Echanger des bouteilles plastiques contre des bons alimentaires
Trois cents conteneurs supplémentaires sont en attente d’implantation. À terme, l’objectif est de simplifier le tri au point que chacun puisse trier sans se poser de questions sur la nature de l’emballage. Parmi les initiatives en cours, l’opération
« DoukaTri » permet d’échanger des bouteilles plastiques contre des bons alimentaires. En partenariat avec le SIDEVAM, elle permet de toucher des populations éloignées des circuits habituels. Nicolas Moulin admet que les per- formances de tri restent inférieures à celles des autres territoires : le dis- positif est encore jeune et le maillage reste limité. En conclusion, malgré les investissements, le retard reste important. Il semble qu’une des clés réside dans la répétition du message. Ne serait-il pas pertinent d’investir davantage dans la communication, comme c’est le cas en métropole, où le tri est présent à chaque coin de rue, dans les médias, sur les panneaux ou encore dans les campagnes télévisées ?
*Citeo est un éco-organisme français à but non lucratif, né de la fusion d’Eco-Emballages et d’Ecofolio qui a été créé par des entreprises de la grande consommation et de la distribution pour gérer le recyclage des emballages ménagers et des papiers. Sa mission est de réduire l’impact environnemental de ces produits en aidant les entreprises à concevoir des emballages plus écologiques, en facilitant et en finançant le tri et le recyclage, et en développant de nouvelles filières.




















